En étudiant comment une bactérie du sol fabrique un antibiotique
connu, des chercheurs ont découvert une molécule intermédiaire ~100x
plus active.
Les sols sont bien plus riches qu’un support pour les plantes et les animaux : l’incroyable richesse de ce qui s’y passe révèle notamment des processus chimiques potentiellement très
utiles- notamment contre le sérieux problème des résistances aux antibiotiques.
Dans une news de Nature, Naddaf (2025) ici rapporte qu’en étudiant Streptomyces coelicolor (ci-contre, Colonie de Streptomyces coelicolor sécrétant un composé antibiotique, en rouge, dans le milieu environnant. Source : Dr Jeremy Burgess / Science Photo Library.source: Dr Jeremy Burgess/Science Photo Library), une bactérie du sol connue pour produire l’antibiotique méthylénomycine A, des chercheuses et chercheurs ont découvert avec
surprise qu’une molécule intermédiaire de sa voie de synthèse, la preméthylénomycine
C lactone, est environ 100 fois plus active que le produit final.
encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : ici
Contre certaines bactéries problématiques, – très résistantes aux antibiotiques connus – dont Staphylococcus aureus et Enterococcus faecium, Corre & al. (2025) ici ont découvert que cet intermédiaire agit à des doses bien plus faibles que le produit final de cette voie de synthèse.
encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : ici
Plus intéressant encore, dans les tests réalisés, E. faecium n’a pas facilement développé de résistance contre cet intermédiaire, contrairement à ce qui a été observé avec un antibiotique de dernier recours la vancomycine.
La découverte est belle parce qu’elle bouscule une intuition simple : l’évolution ne conduit pas forcément à ce que le produit final d’une voie métabolique soit le meilleur. Un intermédiaire chimique peut parfois être biologiquement plus puissant que la molécule achevée.
Notons bien qu’il ne s’agit pas encore d’un médicament : il faudra des années encore comprendre son mode d’action, tester sa toxicité et voir si des dérivés utilisables peuvent être développés.
Mais cette histoire rappelle combien la recherche fondamentale — ici, l’étude patiente d’une voie de biosynthèse bactérienne — peut ouvrir des pistes inattendues d’applications ; ici contre l’antibiorésistance.
Et c’est justement une bonne raison d’aller regarder le sol autrement. La visite proposée au Bioscope jeudi 21 mai invite à explorer ce monde discret mais essentiel : un milieu vivant, traversé d’interactions microbiennes, de transformations chimiques et de processus écologiques dont une partie reste encore à découvrir.
Soirée publique au Bioscope– jeudi 21 mai« Sols vivants » |
| Ne manquez pas la Soirée publique « Sols vivants » le jeudi 21 mai au Bioscope!Découvrez les êtres vivants du sol, leurs rôles et pourquoi il est si important de préserver cet écosystème essentiel, notamment pour une agriculture durable.🔬 18h-20h30: Apéro, activités pratiques, conférence et discussion Avec Pre Ophélie Sauzet de l’HEPIA
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Bioscope Maison de l’enfance et de l’adolescence, 26
Blvd de la Cluse, 1205 Genève, bioscope@unige.ch
Avec le soutien de la Fondation Convergences
Références:
- Corre, C., Idowu, G. A., Song, L., Whitehead, M. E., Alkhalaf, L.
M., & Challis, G. L. (2025). Discovery of Late Intermediates in
Methylenomycin Biosynthesis Active against Drug-Resistant
Gram-Positive Bacterial Pathogens. Journal of the American Chemical
Society, 147(44), 40554‑40561. https://
doi.org/10.1021/jacs.5c12501 - Naddaf, M. (2025). Powerful new antibiotic that can kill superbugs
discovered in soil bacteria. Nature. https://
doi.org/10.1038/d41586-025-03595-3
